Conduire
Par plume le 8 octobre 2012, 13:40 - Moi, Je & Ego - Lien permanent
Janvier.
Obtention du permis. Enfin. A quelques semaines près, je partais à Prague. Tout aurait été à refaire. L’épreuve, qui a confiné à la torture, est désormais derrière moi. Une fortune dépensée, des heures perdues entre conduite, crises de nerfs et désespoir d’arriver un jour à passer ce rite de passage à la vie adulte. Je suis désormais autorisée à conduire.
Juillet.
La famille de mon copain m’offre la Corsa, l’ancienne, pour me faire la main et une assurance jusqu’à mars. Refus catégorique de conduire. Peur des autres et pour les autres et manque de confiance en moi. Chaque évocation de la Corsa tourne au drame.
Et soudain, déclic. Il pleut, il fait froid, il n’y a pas de bus, il fait nuit. Hors de question de couper par la forêt pour rejoindre Versailles et ensuite continuer jusqu’à la Celle Saint Cloud.
Hop, en voiture.
Des hésitations, des approximations mais l’essentiel est la. Joie d’avoir réussi à me déplacer sans dépendre de quelqu’un.
Septembre.
Reprise en douceur de la conduite. Premier passager, nouveaux itinéraires. Je ne sais pas encore bien me garer, je suis lente, j’accélère en même temps que j’appuie sur l’embrayage, je démarre en 2ème… Des choses qui - il n’y a pas si longtemps - auraient pris des dimensions énormes. Premier plein. Outch, ça fait mal à mon porte-monnaie d’étudiante. J’ai appris à relativiser. Ne pas mettre les autres et soi-même en danger, le reste n’a que peu d’importance.
Je découvre des petits plaisirs. Aller chez des amis sans se demander comment rentrer. Ne plus attendre un bus qui ne passe pas. Raccompagner une amie chez elle pour lui éviter un long trajet en transports et enfin rendre la pareil. Ce n’est pas grand chose, mais ça veut dire beaucoup pour moi.
Octobre.
Prendre la voiture n’est plus vraiment un problème. Je suis impatiente toutefois de pouvoir m’offrir un vélo pliable pour les courts et moyens trajets pour m’éviter les grands tours à la recherche d’une place où se garer et ne pas polluer inutilement.
En attendant, je pense faire du covoiturage. Rien de plus énervant que d’être seule dans sa voiture alors que je peux transporter 3 ou 4 personnes en même temps.
Commentaires
Je suis encore bloquée à janvier. Je n’ai pas le besoin/le “courage” de m’acheter une voiture, et j’essaye d’éviter celle de mon copain - qui se fait vieille et capricieuse… Bref, en lisant ton article, je me dis que tout n’est pas perdu chez moi ! Le déclic viendra (peut être) plus tard !
Je pense que si je n’avais pas eu besoin de la voiture (c’est vraiment galère en transports en commun par chez moi), je n’aurais jamais eu le déclic.
J’ai eu du mal à m’habituer à la voiture aussi mais j’ai de la chance, elle est vieille mais pas capricieuse, au contraire, elle est sans doute plus indulgente que d’autres voitures (elle me laisse démarrer en 2e sans caler ni crier).
Du coup, j’ai moins peur de l’abîmer. Ça aide pas mal pour se décoincer.
Je suis persuadée que le déclic viendra quand t’auras réellement besoin de la voiture. Moi, c’est vraiment parce que je ne pouvais pas faire autrement (pas de bus, pas possible de faire le chemin à pieds en toute sécurité).
J’ai une amie dans le même cas si ça peut aussi te rassurer.
Pour moi c’est encore aucune de ces étapes faut peut être que je me motive un jour pour m’inscrire….
Mais grande nouvelle mon chéri l’a décrocher youhou fini la galère des courses à pieds avec la poussette en prime.
Je pense que je vais bientôt devoir m’y mettre aussi mais j’ai peeeeuuuuuur …
Surprenant de voir comme nous sommes nombreux à avoir peur de prendre le volant.
Plus de 10 ans que j’ai le permis et j’ai toujours réussi à m’en sortir sans prendre le volant plus d’une dizaine de fois au point de finalement vendre ma voiture il y a quelques semaines. Résultat : une peur qui ne fait que grandir et une honte incroyable.
Quand je te lis, je me dis qu’il y a encore de l’espoir pour que je repasse un jour côté conducteur et que je parcours enfin tous les kilomètres que j’ai rêvé de faire ^^
@Sandrine
Rien ne presse de toute façon vu qu’au moins un de vous deux a le permis.
Le mieux est encore d’attendre d’être sûre de soi pour le passer.
@Vi
Surprenant et rassurant d’un certain côté de voir qu’on est plein dans le même cas.
Je comprends tout à fait cette peur et la honte que tu peux ressentir. Pourtant, avec le recul, je me dis qu’on ne devrait pas avoir honte d’avoir peur ou tout bonnement pas envie de conduire. Seulement, on vit dans une société où la voiture et le permis sont considérés comme indispensables qui nous fiche une pression terrible je trouve.
Si ça ne vient pas, tant pis ! Et la honte, on l’oublie !
Tu feras tous les kilomètres dont tu rêves à pied, en vélo, en train ou en voiture côté voyageur :)