Dernier volet de la trilogie des Dieux, monsieur Werber nous aura bien fait poireauter avant de sortir ce tome là.
Dans un but commercial et lucratif ? Je peux comprendre, faut bien vivre tout de même :d
Mais dans mon cas, la mayonnaise n’a pas prise [1] : mauvaise progression et mauvais mélange.
Et pourtant, je vous parle de ce livre, moi qui d’habitude pense qu’il ne vaut mieux jamais parler d’un mauvais bouquin ou d’un mauvais film puisque ça les fait exister, l’ignorance est le seul sort qu’ils méritent.
Bon, quand même c’est Werber et puis j’ai payé 22 euros pour le lire quand même ce bouquin, alors lançons nous.

Pour ceux qui ne le connaissent pas, un bref historique s’impose, parce que même si je le boude maintenant - étant beaucoup plus critique :d - je le trouvais vraiment sympa comme auteur dans ma jeunesse ( au collège en somme ).

J’ai commencé avec la trilogie des Fourmis ( Les Fourmis, Le Jour des Fourmis, La Révolution des Fourmis) : architecture du roman à la fois simple, mais encore faut-il réussir à l’écrire. D’un côté, vous suivez des humains et de l’autre des fourmis, ce qui permet de varier les points de vue.
Personnellement, j’ai beaucoup aimé les 3 livres. Le 1er parce qu’il mettait tout en place, mais surtout le second avec les “fourmis tueuses” ( non, aucun rapport avec un vague navet où des fourmis géantes bouffent des hommes ) avec une enquête policière sympa. C’était une histoire originale, mettre en scène des fourmis et intéresser le lecteur néophyte non passionné d’entomologie, pas facile.
Puis j’me suis lancée dans les Thanatonautes suivi de l’Empire des Anges, lui même suivi de Nous les Dieux (début de la trilogie des Dieux) : la mort, la religion, les anges, les dieux. Des choses qui m’ont toujours intéressées.
Après, j’ai lu l’Ultime Secret et le Père de nos Pères avec deux personnages qui reviennent : questionnement sur nos origines pour le second, et question sur notre cerveau pour le premier. Puis j’ai aussi lu des petites nouvelles et acheté l’Encyclopédie du Savoir relatif et Absolu. Toujours des sujets accrochants, au moins il choisit bien ce Werber.

Original le petit, sauf qu’il y a un hic : à force de le lire, on s’en lasse..

Recette d’un Werber :

  • Le style : Disons le, Werber a un style simple, voir quasi nul - /me va se cacher avant que des fans hystériques ne viennent lui lancer divers projectiles - et il ne s’est pas amélioré depuis les Fourmis qu’il a commencé à 16 ans. C’est dire…
  • Le couple : Homme pas très beau avec une belle femme (toujours le même genre). Exemple : L’inspecteur et la journaliste dans Le Jour des Fourmis
  • Des extraits de l’Encyclopédie du Savoir Relatif et Absolu
  • L’idée d’utopie
  • Références multiples à tout et n’importe quoi
  • Auto-références à ses bouquins


Le mystère des Dieux n’a rien de transcendant malgré le sujet et correspond totalement au shéma type ci-dessus.
On y retrouve Michael Pinson, d’abord thanatonaute (explorateur du monde de la mort), devenu ange et finalement élève-dieu en Aeden. Déjà que le second tome m’avait laissée sur ma faim…celui ci dévoré en à peine une demi-journée - rythme de lecture qui soit veut dire que je me suis passionnée, soit que je cherche à venir à bout du livre - m’a à peine ouvert l’appétit.

Pour résumer : Michael Pinson, en quête de savoir, cherche à savoir ce qu’il y a au dessus des dieux. Pour cela, il doit gagner au jeu des élèves-dieux, qui consiste en un remake de Civilisation. Chaque dieu dirige un peuple et doit le faire gagner pour pouvoir atteindre le prochain niveau d’élévation.

Ce que j’en ai pensé :

Des sujets déjà exploités dans tous ces livres, vraiment tous ! Un style toujours aussi pauvre, des passages érotiques écrits d’une façon nunuche - pour l’excuser, il n’est pas le seul loin de là. A croire que c’est un défaut chez pas mal d’auteurs…Veulent absolument un passage comme ça, mais sont pas foutus de le tourner bien. Et puis les redondances dans la façon de l’écrire ici chez Werber ! Rah franchement…j’suis incapable de pas me fendre la poire quand je lis ces passages.
Sans être une Cassandre, je le sentais mal déjà…Qu’est ce qu’il allait nous pondre après les dieux ? En étant crédible et en n’allant pas dans la surenchère. Si je le dis, ça casserait tout. Mais c’est prévisible, malgré tous les efforts qu’il fait pour nous étonner : suffit d’avoir lu ses autres bouquins.
Saupoudrez le tout de piques envers les classiques et d’auto-glorification envers sa propre personne ( dont la fierté de ne pas être issu d’un parcours littéraire ), d’un zeste de tous ses romans -je me répète, mais pas autant que lui - et voilà le résultat.
Une technique de mise en abîme trop utilisée que ça en enlève le charme…Les poupées russes c’est bien, mais bon trop c’est trop !

Je dirai que c’est assez décevant de sa part, mais après tout, peut être que je suis passée à côté… Un conseil faites vous le offrir ou lisez les Thanatonautes & l’Empire des Anges ou la Trilogie des Fourmis.

Bon, ça reste un livre sympa à lire après une opération de dents de sagesse, on oublie carrément la douleur :d

Notes

[1] On aurait pu s’attendre à ce que monsieur Werber sache la préparer, lui qui nous explique comment réussir votre sauce dans l’Encyclo